Compte rendu Balade IVV dans le Gard et les Cévennes
Compte-rendu IVV multicouche (Dystopie, Dyslexie, Dialecte, Pastiche HDomDom, Sociolecte)
Jeudi 5 juin
Prologue dystopique
C’est arrivé. Jordan Bardella a été nommé premier Ministre après la victoire facile du RN en juin 2022 facilitée par une abstention massive à gauche et au centre malgré les appels à former un front républicain. Depuis, un gouvernement a été constitué avec des personnalités issues pour partie de Républicains dissidents et de ténors d’extrême-droite. Ce gouvernement mène une politique visant explicitement à expulser un maximum d’immigrés, à prendre ses distances avec l’Union Européenne, et à se rapprocher de la Russie.
Sputnik et Russia Today ont été rétablis et leur influence quotidienne sur les médias est impressionnante. L’action de Bardella ne donne guère de résultats convaincants malgré une politique de communication spectaculaire et déroutante. Le conflit entre l’Élysée et Matignon se durcit régulièrement et rappelle la période de la cohabitation des années 2000, en pire. Les coupes drastiques dans les subventions attribuées à l’Université et à la recherche, à la culture, aux associations, aux collectivités locales qui ne sont pas dans la mouvance RN n’ont pas empêché que le déficit budgétaire continue à se creuser. Le ministère de l’Intérieur en particulier a vu ses crédits augmenter avec la création de nouveaux services de police et de renseignement, et notamment la Police Française d’Etat (PFE). Les nouvelles nominations à la Justice, l’Education Nationale, la Culture, impressionnent et intimident. L’influence du FSU (services secrets russes) se fait sentir de multiples façons, bien que la presse ose rarement en parler. Les technologies nouvelles, notamment l’IA et les drones de surveillance sont utilisés préventivement selon la police au motif qu’il vaut mieux prévenir que punir.
Au moment du départ de l’édition IVV 2025, les organisateurs comme les participants ignorent encore qu’ils vont faire l’objet d’une surveillance administrative : ils sont soupçonnés d’espionnage industriel et de trafic de stupéfiants, l'alcool étant, désormais considéré comme une drogue même si le vin français est encore officiellement toléré. IVV est également soupçonnés de contrevenir aux mesures de restriction du train de vie scandaleux des retraités qui vivent grassement aux frais des vrais travailleurs français.
Un jeune policier zélé vient d’être nommé à Nîmes numéro 2 départemental de la police politique et du renseignement qui a remplacé les renseignements généraux, le SIIF : Service de l’Intelligence Intérieure Française, une police politique chargée du renseignement qui a remplacé les Renseignements généraux Il a été informé qu’un groupe de retraités peut-être pas si inoffensif que cela prépare une randonnée non autorisée entre Saint Quentin La Poterie et Saint-Jean-du-Gard. Oui, car depuis le 9 mai, toute sortie hors du domicile pour une période de plus de trois jours doit être préalablement déclarée sur le site de la SIIF.
Dystopie
Alès mais pas trop
Extrait du rapport du pilote de drone de surveillance Jérôme K.
10h30 Les suspects arrivent Château Saint-Nabor. Deux drones sont en place selon instructions :
- 1 drone de surveillance verticale DJI Matrice 30 en position.
- Idem 1 drone moustique de surveillance rapprochée en position entrée du caveau où ils ont rendez-vous.
Compte-rendu
La cour du Château Saint-Nabor (Vins fins de la Vallée du Rhône) est petite. Je comprends pourquoi Éric a recommandé de se garer à l’extérieur. C’est un lieu presque intime pour des retrouvailles. On ne s’était pas vu depuis deux ans, plus (prononcer le « S ») pour ceux qui n’avaient pas participé à la balade Bières Belges de 2023, c’est-à-dire tout le monde sauf Nadine, Gérard, Véronique, et Bernard C. On a tous vieilli et on fait bon gré mal gré partie de la grande tribu des Tamalous. On retrouve Christine et Thierry, Sylvie et Bernard, François, Daniel, et bien sûr Dominique et Éric. On accueille un jeune nouveau : Diego. On évoque les absents : Olivier, Jean-Claude et Anne-Marie, Renée, Yves et Corinne, Philippe…
Dégustation sympa : un beau caveau en forme de station de métro avec une belle voûte de pierres apparentes. Nous sommes accueillis par une jeune hôtesse sympa, souriante, patiente et compétente.
Vins pas très chers, variés. Nombreux cépages. Assemblages variés. Pas de vin typique de la région sauf peut-être un Côte du Rhône fait pour être apprécié des amateurs de syrah. Je me souviens tout à coup que les vins du Sud ne sont pas tenus d’utiliser certains cépages particuliers comme c’est le cas en Bourgogne ou dans le Bordelais. Même la forme des bouteilles y est libre !
Extrait du rapport du pilote de drone de surveillance Jérôme K.
Rapport Drone moustique : Il y en a qui n’ont pas beaucoup recraché ! Apc, rien de suspect dans échanges verbaux. J’ai essayé de repérer quelques codes cachés dans les jeux de mots et les blagues à deux balles, mais non… RAS
12h. Le groupe repart en voiture. Récupération immédiate des appareils de surveillance. Prise en charge du déplacement par drone CF2i avec pilotage et supervision embarquée. C parti pour moi.
(Note de l’auteur : Apc = à part ça)
12h. Départ vers Goudargues. Changement de tenue sur le parking près de Super U – le strip-tease habituel.
La balade va maintenant vraiment commencer. Restaurant « Chez Marianne ». On déjeune sur une terrasse très agréable au bord d’un canal. Cygnes magnifiques sur une eau transparente. Sylvie fait une photo un poil acrobatique sur le muret qui surplombe le canal. On retient notre respiration, mais elle s’en sort sans problème.
Menu. J’ai oublié, sauf que ce n'était pas tout à fait la classe habituelle, ce qui n’a pas manqué d’inquiéter Éric. Je me suis dit que c’était le début et qu’il valait mieux ne pas mettre la barre trop haut, et que de toute façon c’était mieux qu’un pique-nique. Quelques mouches et moustiques mais pas très agressifs. Et puis, le principe de la terrasse ombragée au bord d’une eau fraîche et claire, c’est quand même super top !
Extrait du rapport du pilote de drone de surveillance Jérôme K.
Rapport Drone moustique : Toujours rien de suspect dans les échanges verbaux pour le moment à part quelques commentaires critiques sur la situation politique française et internationale. Consommation d’alcool fnlmt assez modérée.
14h. Le départ se fait à vélo : 3 vélos électriques et 10 vélos musculaires.
Récup du moustique et reprise de la surveillance itinérante.
La suite ASAP.
14h.Départ vers la Roque-sur-Cèze et visite des Cascades du Sautadet. Visite du village perché. Routes pavées de calades (gros galets ronds durs à la marche). Rues pentues. Dur de m’empêcher de me dire que la Cèze, c’est quand même plus humain que l’A16.
Retour Goudargues. Au total 22 kms parcourus
Extrait du rapport du pilote de drone de surveillance Jérôme K.
Rapport Drone moustique : Rock/16. Toujours rien de suspect dans les échanges verbaux pour le moment à part quelques commentaires déplacés. Il faudra songer à contrôler cela ultérieurement. Le moustique s’avère très efficace. Qualité son impeccable si vent léger ou pas de vent.
17h Embarquement dans les voitures. Reprise de la surveillance itinérante. La suite ASAP.
17h. Déplacement en voiture. Direction notre hôtel, situé à Saint-Quentin-la-Poterie
Arrivée le Clos des Pradines, posé en haut d’une côte très raide. On parque tant bien que mal la totalité des voitures avec l’aide du gérant, un sympathique hollandais à l’accent très discret.
Table ronde apéritive. Ambiance retrouvailles. Hommages aux absents.
20h. Dîner plus que correct. Décor très agréable. Au loin, à l’horizon, vers le sud, se découpe la silhouette massive du Château des Ducs d’Uzès. Hôtel tenu par un couple de hollandais très sympas. Clientèle hollandaise apparemment majoritaire. Chambres pré-attribuées. Certains regrettent le temps des « bonnets de nuit » avant le coucher et des cigarillos.
Extrait du rapport du pilote de drone de surveillance Jérôme K.
Rapport Drone moustique : Toujours rien de suspect dans les échanges verbaux pour le moment à part quelques commentaires politiques déplacés. Ou ces gens cachent bien leur jeu, ou ils sont sur une autre planète : ils profitent, ils picolent doucement. Ils n’ont pas remarqué le moustique. C’est sûr, c’est pas moral, mais pour l’instant, il n’y a rien d’illégal là-dedans, tant que les nouveaux projets du Ministère de l’Intérieur n’ont pas été votés. Reste l’absence de déclaration formelle de sortie. A vous de décider. Je propose de voir demain si la surveillance doit se poursuivre ou non.
Extrait message Direction Départementale SIIF de Nîmes à Jérôme K., officier de renseignement. Section drones Gard.
23h03 : Urgent. Laisser tomber.
Amende pour absence déclaration préalable de sortie sera signifiée à l’organisateur.
Présence indispensable avec équipement complet, demain 6 juin à à Villeneuve-Lès-Avignon. Manifestation écolo annoncée. Prévoir photos identification en nombre.
Vendredi 6 Juin
Dyslexie
Une deuxième étape à la manière de Pierre Péchin
Le petit déj. commence à 7h30. Prépart dévu à 8h.
5 petits kms à julo vesqu’à Uzès.
Usite de Vizès. Nous sous néparons : pour les uns, ce sera usite de Vizès, pour les autres, ce sera cause pafé place aux Herbes, avec un œil sur les gélos varés pout très. Éric et Nadine se rendent chez le loutrique de véleur électro pour champarer ou réger le véline de Nado : il y a du trou dans la mansmission.
Uzès, ancielle vinne Ducale est à voir ablosument. Des mues rédiévales, des tâbiments en pelle bierre arappente, veu de poitures… La célèbre place aux herbes est puserbe. Imaginez une pace plavée, barrée, cordée d’arpades et clantées à intervalles réguliers d’arbres apportant fraîbrage et omcheur. A noter, la spéliacité d’Uzès est la réglisse – atameurs de Pastis, chassez-le une tois pour foutes! Uzès est aussi la bonté des cibons Haribo, plaie et bonheur de nofe entrance.
Un mot aussi de l’AOP Duché D’Uzès.
Chiffres 2016 : 285 hectares de supercifie de production, répartis sur 77 mocunes entre une varantaine de quignerons et une dizaine de caves coopétarives. 10 945 hectolitres produits dont 58% de rin vouge, 25% de blanc et 17% de soré. Parmi toutes les AOC de la Vallée du Rhône produisant les 3 couleurs, l’Atellapion Duché d’Uzès est la 1ère productrine de vice blanc. (source : https://www.vinsducheduzes.com/gouter/)
C’est retarpi. 9 kms sous pénarent du Domaine Chabrier à Bourdic qui vroduit des pins de 3 IGP différentes : Coteaux du Gont du Pard, Cévennes, et Duzé d’Uchès. Visite des imstenses imallations du modaine. Dégustation bien ornaguisée, avec vas pal de mins (peut-être un peu trop, mais on avait bien dit qu’il fallait recracher !)
Ensuite, 4 kms pour rallier le resrautant : le bistrot où on a primabière – non, le Bistrot de la Privadière . Déjeuner sous l’auvigne face aux vent dans un nadre caturel suposant et reperbe. Une très belle table et des plats remarquables. Le tef a chien bravaillé.
Menu ? Je ne daurais sire précisément. Dournetos, Ananas, Vabarois, Charlotte, je crois. En cout tas, c’était puser.
On repart avec un peu de retard (Je m’en suis sorti !). Au bout de 12 kms, le Domaine Vallat de Briançon (ouf !) nous avend dans les tignes au cout d’un chemin baillouteux. Dable tressée, vins conversés dans des sacs isothermes, la Classe ! La fère et le mils nous accueillent avec beaucoup de simplication et d’implicité. On est tous scotchés par leur sincérité mais, betit pémol, déguster rous le cagnard seste une épreuve que, du reste, pous nassâmes avec le rousire.
La suite n’est que tourine : retour à Saint-Quentin via Foissac (26 kms)
Montée à vélo de la dernière côte devant l’hôtel. Non, pas à côté du vélo !
Kilométrage total de l’étape = 55 kms. Ah oui, quand même.
Dîner tranmille très pymsathique amompagné d’eau quinérale. Un veu de vin quand même, pour les plus paillants.
La fatigue se fait sentir. Au lout tont le mide. Demain, on cemet ra.
Samedi 7 juin
Dialecte
Une troisième étape en langue occitane (variante languedocienne et graphie mistralienne)
Dissabte 7 de junh
Una tresèna etapa en lenga occitana
Dejunar a 7 òras. Efectivament, nos calguèt nos préssar e improvisar per trobar un parking novèu, que celui de l’ostalariá nos podiá pas pus aculhir.
Cargament dei veïculs. Davalada cap a un pichon parking en bas de la colina. Preparacion dei velòs.
Partida a 8 òras e mièja.
Après 29 km, arribada per una « degustacion dinatòria » au domeni fòrça agradiu dei Luces, a Sant Cesàri de Gausinhan. IGP Cevenas.
Presentacion per lou vinhairon, lou senhor Bourrassol, e son aprenènt ; cosina (plan simpatica tanben) assegurada per madama Severina Bourrassol. Cosina locala : pichons toasts o bruschettas, verrinas. La formula de la degustacion dinatòria a fòrça de vam, tot e que lou vinhairon a un pauc mai de mau per captar l’atencion de tóuti quora aquò es necessari. Mai fin finala, s’en tira plan.
Tornada en bicicleta cap a Sant Quentin.
24 km fachs a la fòrça dei cambis, levat per nòstrei tres velòs electrics : Silvi, la pioniera dau genre ; Nadina, que tornava après una pausa ; e Bernard G, per rasons de dolors dorsalas.
Ne profièchi per mercejar Éric e Domenica, qu’an sauput traçar d’etapas cortetas adaptadas a nòstra condicion de sèniors, en nos estalviant lei montadas mai esportivas.
Recuperacion dei veïculs. Partida cap a Sant Joan dau Gard, a 58 km.
Arribada a l’ostalariá Les Bellugues. L’ostalariá dispausa, en plen centre vila, d’un grand parking, mai o mens a l’ombra, e d’una bèla piscina que Veronique testarà amb consciéncia dos serals de seguida. Qué demandar de mai ?
Distribucion dei claus. Ducha e un pauc de repaus plan meritat.
Sopar au restaurant L’Oronge (anciàu relais de diligéncias, fòrça elegant, terrassa ceucada de murs d’un ocra polit, amb una ambientacion fòrça simpatica), a quauquei 200 mètres de l’ostalariá.
En français (pour ceux que les dialectes agacent un poil) :
Samedi 7 juin. Une troisième étape en langue occitane
Déjeuner 7h. En effet, nous avons dû nous presser et improviser pour trouver un nouveau parking, celui de l’hôtel ne pouvant plus nous accueillir. Chargement des voitures. Descente vers un petit parking en bas de la colline. Préparation des vélos. Départ à 8h30.
Après 29 km, arrivée « dégustation déjeunatoire » au très sympathique Domaine des Luces, à Saint-Césaire-de-Gauzignan. IGP Cévennes
Présentation par le vigneron, M. Bourrassol et son apprenti, cuisine (très sympathique aussi) par Mme Séverine Bourrassol. Cuisine locale, petits toasts ou bruschettas, verrines. La formule de la dégustation déjeunatoire a beaucoup de charme, même si le vigneron a plus de mal à capter l’attention de tous quand c’est nécessaire. Mais finalement, il s’en sort bien.
Retour à vélo vers St Quentin. 24 kms parcourus à la force des mollets sauf pour nos 3 vélos électriques : Sylvie, la pionnière du genre, Nadine qui faisait son come-back et Bernard G pour cause de handicap dorsal. J’en profite pour remercier Éric et Dominique qui ont su tailler des étapes courtes adaptées à notre condition de seniors, en nous évitant les ascensions les plus sportives.
Récupération des voitures. Départ pour St Jean du Gard, à 58 kms
Arrivée Hôtel Les Bellugues ? L’hôtel dispose en plein centre-ville d’un vaste parking, plus ou moins ombragé, et d’une belle piscine que Véronique testera consciencieusement deux soirs de suite. Que demander de plus ? Distribution des clés. Douche et petit repos bien mérité
Diner au restaurant l’Oronge (ancien relais de diligences, très belle allure, terrasse entourée de murs d’un très bel ocre, ambiance très sympa) à quelques 200 m de l’hôtel
Dimanche 8 juin
Pastiche
Une quatrième étape à la manière de et en hommage à HDomDom
J’ai toujours apprécié le style unique de DomDom. J’ai relu ses Chroniques. J’ai essayé d’y décortiquer son style et j’y ai trouvé beaucoup de plaisir, en même temps qu’une amicale nostalgie de l’époque des pâquerettes décorant le casque et du vélo mis à la poubelle, juste pour le spectacle. Dominique dramatisait la banalité. Il jouait avec une frustration due à ce qu’il appelait son « handicap pondéral » et il l’exprimait avec l’état d’esprit d’un gamin frondeur, rebelle mais sincère. Il exprimait les choses avec une affectueuse ironie, une authentique camaraderie, et un remarquable sens de l’humour. Cette étape cévenole Saint-Jean-du-Gard-et-retour est donc une opportunité qui m’est offerte de pasticher son style en hommage à sa mémoire. J’espère que, comme moi, vous y (re)trouverez notre ami.
Le Départ
Le départ est à 8h30 enfin, une heure raisonnable ! Pas d’escalier à monter ni à descendre, pas de valises à faire, pas de garage à vélo planqué de l’autre côté du village. Inutile de paniquer pour une fois. L’organisation progresse de jour en jour, même si la suite va révéler quelques failles.
Ceux qui avaient regardé de près le parcours - ils sont de plus en plus rares à avoir ce minimum de reconnaissance pour le travail bénévole des organisateurs, on ne le dira jamais assez - ceux-là seuls ont pu remarquer que l’idée était de DESCENDRE la vallée du Gard en direction d’Anduze. Ils avaient pu remarquer aussi que l’organisation avait sagement prévu de passer par une petite route sympa pour éviter une Nationale surchargée de véhicules puant le diésel et la satisfaction du vacancier inconscient des malheurs du monde et de l’injustice qui le ronge de partout – et je ne parle pas que de la Palestine ! Mais le diable se cache dans les détails : ces petites routes méprisaient en fait la ligne droite autant que l’horizontale. Elles avaient été faites à la pelle, à la pioche, à la sueur du front et à la brouette, en des temps lointains où le progrès n’avait pas encore mis tout à la portée de l’index du plus con des followers, et où le travailleur ignorait fièrement les courbes de niveaux !
La « descente » vers Anduze
La descente du Gard s’avéra donc une sorte de fake news, une bulle qui finalement éclate devant l’évidence de la réalité. Cette « petite route » sur la rive opposée à la route principale était en fait tout sauf tranquille : un coup, je monte, un coup, je descends, un coup, j’escalade, un coup, je plonge. Je ne parle même pas des ponts submersibles, étroits, sans protection, que t’oses même pas regarder l’eau qui coule, claire, sur les cailloux ruisselants, tellement t’as la trouille de sortir de ta ligne, et tu fais ‘ouf’ silencieusement en arrivant de l’autre côté. Tu ne remarques même pas que ça rime avec plouf et t’as même pas le temps de changer de braquet que déjà il faut remonter l’autre rive comme un malade, avec la sueur qui te colle le sac à dos sur tes reins trempés. Mais tu souris quand même parce qu’elle est belle cette vallée, et tu ne remarques même pas que Thierry, qui a de l’expérience et de la jugeotte, n'a pas de sac à dos qui sent la sueur, lui, juste une sacoche fixée au guidon avec la carte du parcours posée dessus et le téléphone portable pour compter les kms, mesurer la dénivelée et vérifier que le parcours est suivi sans la moindre erreur. Et tu ne remarques même pas que les vélos électriques (trois cette année, une inflation record dans les annales d’IVV) se moquent de la dénivelée et sourient au ciel bleu, au vent frais et à l’effort des collègues musculaires qu’ils encouragent sans arrière-pensée. Merci Bernard, merci Nadine, merci Sylvie. Nous avons passé un bon moment.
Enfin, pour finir cette demi-étape, la route nationale est rejointe. Et c’est là, coincé entre la paroi rocheuse que tu frôles et les voitures qui TE frôlent, que tu commences à te demander si les petites côtes bien raides n’étaient pas, somme toute, plus agréables. Évidemment, le paysage est superbe. Évidemment, t’apprécies le petit bout de piste cyclable qui te donne un instant un sentiment de sécurité avant de retrouver les vapeurs de gasoil plein pot. Et tu te dis que Bernard et Diego ont bien raison de pédaler à fond loin devant pour sortir de ce cauchemar le plus vite possible.
Arrivée à Anduze.
Rien de particulier à dire sur l’arrivée à Anduze et le regroupement sur le parking de la bambouseraie. Pas de commentaire non plus sur les hésitations à propos de qui va garder les vélos et comment, qui a la chaîne pour les attacher et si c’est vraiment nécessaire, et si tout le monde a vu ce rallye de vieilles voitures qui démontrent fièrement, grand sourire à l’appui, que l’âge après tout peut s’exhiber, même en faisant du bruit avec leur échappement.
Rien de particulier non plus à dire sur la magnifique exposition végétale connue de tous – je parle de la Bambouseraie bien sûr – qui assure à Anduze une surfréquentation touristique saisonnière plus qu’enviable du point de vue de tous ces bleds perdus de la triste diagonale verte qui va du col du Tourmalet aux forêts ardennaises de Liège-Bastogne-Liège. Juste, peut-être, un mot pour dire que les jeux de mots vaseux du genre « on tient le bambou », devraient être prohibés. C’est une question de dignité. Il est hors de question qu’IVV devienne après tant d’années de distinction naturelle, de style, et de culture, la décharge sauvage des débris d’un esprit jadis alerte et admiré de (presque) tous. Oui, j’allais oublier, il faut dire aussi un mot de l’effet très apprécié du nouveau maillot de François, mention « La meilleure descente » qui rend sobrement hommage à l’esprit d’IVV.
Déjeuner à Anduze dans un rue étroite et piétonne. Restaurant La Taverne.
C’est là qu’on voit que notre binôme de chefs hors pair, Éric et Dominique, n’ont en rien failli à la tradition d’exception d’IVV qui fait d’un simple repas une communion laïque dans l’art de vivre heureux sans emmerder personne et sans exploiter la main d’œuvre populaire sous prétexte qu’elle le mérite bien.
Si j’étais Honoré de Balzac, je dirais maintenant : « Imaginez une ruelle étroite… » mais, vu que les seuls lecteurs de cette chronique ont été les acteurs de cette scène (en même temps que cène), je dirais comme Charles Aznavour : « T’en souvient-il ? » T’en souvient-il de cette longue table dressée en pleine rue, à l’ombre de murs centenaires, du sourire de cette restauratrice devenue vite notre complice, acceptant nos photos et en prenant pour nous, servant les apéritifs en partageant nos éclats de rire… Ben quoi ? C’est pas parce qu’on pédale qu’on n’est pas amoureux du beau (et des belles), qu’on n’apprécie pas la générosité (et le sens commercial) du voisin, fabricant de nougat artisanal, qui nous prêta le couloir de son échoppe pour y garer quelques vélos. Comme le chasseur préhistorique qui demande poliment à son gibier la permission de l’abattre, notre hôtesse savait donner à ses clients, affection, complicité et respect (même devant les bizarreries les plus inattendues) avant de leur présenter l’addition. Je ne me souviens plus du menu mais je me souviens que c’était vachement bon, original, et bien présenté, et que l’ombre de cette petite rue ruelle était douce et caressante.
Il ne fut pas facile de se tirer de là, tellement la table est plus attrayante que le vélo, mais bon, quand faut y aller, faut y aller. De toute façon, on n’a pas le choix, alors, allons-y librement.
Le Mas des Cabrettes
Après 14 kms sous le cagnard, le Mas des Cabrettes est comme une oasis. Il faut quand même rappeler que c’est après le déjeuner, quand une sieste clandestine anesthésie la perception et la douleur de la selle, qu’IVV, ensuqué par le soleil, mérite le plus sa réputation.
Nous sommes accueillis par la fille du Vigneron en personne. Elle est intarissable sur l’histoire de sa famille, du grand-père, le Papet, descendu de sa montagne cévenole avec ses chèvres (d’où les Cabrettes bien sûr !) pour finalement acheter ce mas auquel il s’était attaché (rien à voir avec Ulysse et les sirènes !) et y planter de la vigne, sur ce père qui labourait avec une paire de chevaux (dont l’un s’appelait Ulysse, comprend qui peut !), et qui lui donna l’envie de s’éloigner du travail de la vigne comme de la vinification en cave pour préférer la commercialisation et le contact avec les clients. On peut comprendre.
Au Mas des Cabrettes qui cultive l’IGP Cévennes et l’IGP Duché d’Uzès, on a un grand respect de la tradition et on aime à cultiver les anciens cépages, avec l’aide d’Ulysse (le cheval, pas le héros d’Homère). Gérard, notre référent cépages, apprécie.
Je ne vous raconte pas le retour à Saint Jean du Gard, 25 km par la route principale, le long du Gard, en se méfiant des voitures qui ont tendance à raser gratis, par les pistes cyclables quand c’était possible. Je me rappelle seulement que c’était long et que Daniel a perdu une vis de son cale-pied, ou peut-être deux, et qu’il a dû, pour la première fois, terminer l’étape en compagnie de Christine dans la voiture-balai, laquelle Christine commençait à s’ennuyer un peu en attendant secrètement que quelqu’un cale. Voilà, c’est fait.
Soirée de clôture officielle
Nous arrivons à temps pour une douche réparatrice. Vu que plus personne ou presque n’habite en région parisienne, chaque IVV est contraint de ramener ses achats viticoles dans sa voiture. Le parking de l’hôtel est le témoin muet d’un ballet de cartons qui vont et viennent d’une voiture à l’autre tandis qu’un couple de touristes anglais marchant avec leur âne sur les traces de Robert Louis Stevenson insiste pour être hébergé auprès du gérant qui a du mal à leur faire comprendre que non, désolé, mais c’est pas là.
Tout le monde est maintenant prêt à se rendre au restaurant pour le dîner de clôture officiel avec discours et remise des cadeaux aux généreux et méritants bénévoles, organisateur/trice et accompagnante, sauf Jean-Louis et Nadine qui essaient tant bien que mal de trier les bouteilles collectées pour Christine, Dominique et Éric.
Direction : le Restaurant de la Gare. « -C’est loin ? - C’est pas tout près ! – Merdalor ! On va pas porter toutes ces bouteilles-cadeaux jusque là-bas et retour ? – Tant pis, on va en prendre deux et le reste va attendre tranquillement ici » Ainsi fut fait, et la petite troupe s’en alla pédestrement sur la rive opposée du Gard pour s’installer sous les auvents verts à la terrasse du Restaurant. A part une double embrouille avec la patronne à propos du menu qui était pas celui qu’on avait convenu et d’un magret qu’une main anonyme avait apparemment oublié de cuire – incidents compensés, il faut le dire, par un petit digestif offert par la maison en fin de repas, l’ambiance était bonne et festive. Entre le fromage et le dessert, Jean-Louis s’est fendu, selon la tradition, d’un discours laborieusement préparé et nonchalamment énoncé sur le thème de la fidélité à l’esprit d’IVV, prétexte – un peu gros, certes – à compliments pour chaque participant et en particulier – vous le voyez venir ? - pour les Gentils Organisateurs et la Gentille Accompagnatrice. Applaudissements d’usage. Cadeaux (deux bouteilles et le reste à récupérer plus tard !!) La parole maintenant est à Diégo, le petit nouveau, un jeune, bien mis de sa personne, et invité par Véronique, fière de la sympathique cordialité et des capacités cyclistes de son protégé (qui a glorieusement rivalisé avec Bernard C dans la catégorie avions), lequel petit nouveau s’en tire, il faut le dire, plus que très bien – en flattant sans vergogne chaque IVV, alors que c’était inutile puisque ce fayot de Jean Louis l’avait déjà fait, certes en moins bien – et apparemment, personne ne se plaint, tout le monde adore entendre d’aimables compliments personnalisés. On est humain ! Et donc, après le digestif (gratuit mais mérité) tout le monde rentre heureux à l’hôtel.
Soupir ! Une dernière nuit à dormir dans les belles Cévennes avant l’inéluctable séparation.
Lundi 9 Juin
Sociolecte
Une dernière étape « textée » pour aller… 🍷 + 🍽 — à l’Essentiel
Bjr la team IVV 🚴♂️🍷
8h : dprt hôtel StJdG 🚗 ➡ L’Essentiel. Pkg OK 👍. 🌞☀. Cibler l’ombre = survie.
Trajet = shape casserole/petite ourse 🥄✨. 2x voie verte (≈10km), reste routes cool. Δ+310m. Bvo orga 💪 (merci d’être restés à l’Essentiel). On est dans les 🔨 clous.
37,5 km : 26,5 ➡ 🍷 + 11 ➡ 🍽. Ratio sport/vin ≈ OK 😇.
11h : arrivée @ Domaine GC (Grand Chemin - Savignargues). Patron cool 🕒 en retard Rattrape easy avec speech clair, Ama béton. Bernard & Gérard = q° direct au but. Expé paie. Savent stop B4 public ⚡️. Salle 🍷 cosy. Vins 💯.
Vigneron = Gnius +warrior pour rester ds le game: Mondo vino = kc ajd. Bruxelles = sables mouvants 📜, météo 🌦🔥ki crin, tarifs Trump 💶 + guerre Poutine 💸⚡. Son secret : tjrs focus sur l’Essentiel. Mouhaha.
Retour 10 km 🌞➡ resto. Derniers kms voie verte😍 = freewheel mode 😎. Arrivée 🥗🍽 « l’Essentiel ». Grde table en U préparée sous auvent avec 🏛 pilastres genre“Rome antique”en + simple.
Coup de 🔥. Bernard C 🏎️ avt 🍽 Direct Tours non-stop.
Déj’ = top 🍽✨. (ptet pas AC savouré cause rush ⏳) Mange rapide. Boit de l’eau 🌊. Serveuse 😊 = ninja du service. Pics 📸 avt dep. Derniers commentaires. 🙏 bcp les orga
🕒 Départ express 🚨. Mission : éviter bouchons – sauf ceux dans coffres 🚙 .
Destinations : Nîmes 🏁, Narbonne 🎯, Aix ⏳, Valence 🚵 👍 ,Paris 😱… Mode on s’accroche 🧗♀️+ Waze copilote 📱.
Ctb. Alp. Bap. ❤️ 🩵💚 🧡












